25-05-2022

Le record de Pierre Rémy en X-One dans les Pyrénées

Il en rêvait depuis l’adolescence. Toutes ces années, il a passé des heures à étudier les itinéraires possibles, la météo ainsi que les conditions qui permettraient de réaliser un tel vol. C’est finalement en date du 10 mai 2022 que le pilote Pierre Rémy a enfin atteint son objectif sous son Icepeak X-One, en réalisant le premier vol de plus de 200 km sur les versants nord des Pyrénées*. Il s’agit également du premier triangle de 200 km jamais réalisé dans cette région

Il avait tenté sa chance une première fois la veille qui s’annonçait comme une journée incroyable, particulièrement instable avec des vents favorables de régime d’est aussi bien en altitude que sur les contreforts des Pyrénées. « Tout avait plutôt bien commencé. J’avais réussi à faire les 40 premiers kilomètres en une heure seulement. Puis j’ai mis presque autant de temps pour parcourir les 5 kilomètres suivants… Le vent rendait la progression vraiment difficile mais ce n’était pas le genre de journée où l’on s’avoue vaincu comme ça. Au final, après 6 heures de lutte contre le vent et la pluie, j’ai réussi à boucler un triangle de 140 kilomètres », explique le pilote français.

Frustré et en colère, il décide de changer ses projets du lendemain avec une seule idée en tête : voler. À 11 heures, son ami Thierry Bohé le conduit au décollage, au Col de Couraduque en Midi-Pyrénées, d’où il décollera pour ce vol historique. « À ce stade, j’essayais de ne pas trop m’emballer. Il était encore tôt et mon premier point de contournement se trouvait encore à plusieurs heures de vol, sur les versants ouest… Au fur et à mesure de ma progression, je sentais bien que mes efforts et ma concentration étaient en train de payer : je n’ai fait aucune erreur, je me suis appliqué sur mes placements en cherchant à rester au-dessus des crêtes et mes instruments affichaient une belle vitesse de progression de l’ordre de 30 km/h », déclare-t-il.

Il a poursuivit son périple en passant par Lourdes et Campan. En arrivant à Sarrancolin il s’est dit à lui-même « soit je fais les 200, soit je pose ». Il a alors pris la direction de Oo sans trop tergiverser. Un petit détour par Luchon lui a permis d’atteindre la fin des collines au moment le plus chaud de la journée. Il lui a alors fallu revoir ses projets et il a décidé de changer de direction au niveau d’Antenais : « Mon GPS me confirmait que si j’arrivais à revenir à mon point de départ, les 200 kilomètres étaient possibles ». C’est alors que les choses se sont compliquées. « Il y a toujours un moment difficile… ». « Les conditions de vent étaient fortes et je me suis retrouvé à Oo. Oui je sais que j’avais précédemment envisagé d’aller jusque là, mais j’avais revu mon itinéraire depuis. J’ai jeté un coup d’œil à la terrasse de Vincent, la solution de facilité car c’est toujours lui qui me ramène lorsque je vache dans ce coin. Mais cette fois-ci pas question. J’ai tout donné et même s’il était déjà 16h30 et qu’il me restait encore 70 km à parcourir, je n’ai rien lâché. Je me disais que cela allait être tendu, mais pas impossible ! », ajoute-t-il avec excitation.

« J’en étais à survoler le col de Peyresourde comme dans ma jeunesse. Je me suis retrouvé bloqué au col, mais j’ai réussi à tirer mon épingle du jeu et à basculer sur les faces ouest. Même si le plus difficile restait à faire, j’ai commencé à y croire. J’ai pris la direction du nord pour revenir vers les collines où j’ai trouvé quatre thermiques qui m’ont décalé en nord-est. Je progressais lentement, je m’appliquais à faire la base de chaque nuage, j’observais attentivement les oiseaux et je scrutais le sol comme jamais, ce qui m’a permis, enfin, d’arriver sur les faces ouest menant au Montaigut ». Il était alors 18h30 et il lui ne restait plus que 20 km pour revenir au décollage. « Mais dans ma tête je savais que c’était gagné, que j’avais réussi et que je venais de réaliser le projet de mon adolescence que nous avions imaginé avec Pierre Dejous et dont nous rêvions depuis 15 ans. J’allais boucler Luchon-Accous, mais sans lui...". 

L’émotion a pris le dessus sur le glide final. Il s’est laissé porté le plus loin possible et a rejoint la face nord du petit Caba. Il a appelé sa femme pour savoir au niveau de quel atterrissage elle serait en mesure de le rejoindre avec Thierry Bohé pour fêter ce vol historique. « Je l’ai fait ! Après 10 ans de patience et d’essais, j’avais enfin bouclé ce triangle de 200 km en face nord des Pyrénées qui m’obsédait et cela, en un peu plus de 7 heures seulement ! ». Il ne lui reste plus qu’à renouveler l’exploit avec son ami Pierre Dejous.

Retrouvez les détails du vol ici.


* En cours d’homologation.

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